L’Adaptation Littéraire en Bande Dessinée

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(Compte rendu du stage à la BDP)

 

 

en orange les BD disponibles à la Médiathèque


BD et Littérature :

 

 

 

 

Certains considèrent que la littérature peut s’exprimer par le texte ou l’image.
Ainsi, pour Henry Morgan, la BD est de la littérature, mais dessinée.


Le littéraire au sens strict du terme est ce qui a trait au livre. En BD comme dans les livres « textes », il y a des points communs :
- manuscrit (écriture)
- livre (feuillet, page volante, écran)
- lecture


Des auteurs ont défini la BD, souvent en associant BD et Littérature dans un même terme :
« Roman caricature » (Goethe à propos de Töpffer)
« Novels in paint » (W. Hogarth)
« Roman dessiné » (Caran d’Ache)
« Graphic novel » (Roman Graphique) (Will Eisner)


Historique :

La relation entre BD et Littérature est ancienne.
Les premières BD prennent la forme de récits à suivre, s’inspirant ainsi du feuilleton que l’on trouvait dans les journaux du XIXe s.
Les adaptations littéraires ont pour but avoué la formation des jeunes lecteurs, pour qu’ils puissent accéder par ce biais à la littérature. D’ailleurs se sont souvent les adaptations de romans classiques.

> se sont surtout des adaptations de classiques de la littérature romanesque et d’aventure

ex (années 1940-1970) : Cinq-Mars (René Giffey, d’après A. de Vigny), Les Mystères de Paris (Raymond Cazanave, d’après Eugène Sue), Don Quichotte (Liquois, d’après Cervantès), Les misérables, L’ïle au trésor, La case de l’oncle Tom, Le Dernier des Mohicans, Tarzan, D’Artagnan, Le Capitaine Fracasse...


Jusque là les adaptations sont plutôt respectueuses du ton d’origine du texte. Dans les années 1970 les éditions « MCL » prennent plus de liberté avec des BD parfois au ton plus humouristiques, des personnages plus caricaturaux. Les BD sont en couleur.
Glénat lance sa maison d’édition : ses premiers titres sont des adaptations littéraires (Une ténébreuse affaire, René Giffey, d’après Balzac)

> difficulté des auteurs à se défaire du texte d’origine

Il y a souvent des pavés de texte dans les BD jusqu’au années 1970, avec des passages entiers du texte original.

L’arrivée des « Humanoïdes associés » dans les années 1970 marque un tournant, avec une collection plus adulte (L’ïle au trésor de Hugo Pratt, Invanhoe de Bataglia). On recherche alors plutôt des « adaptations d’auteurs » : c’est le dessinateur qui apporte sa vision plus personnelle du texte.
Salammbô de Philippe Druillet (1980) d’après Flaubert prend des allures de BD de science-fiction. C’est la première BD à véritablement donner une interprétation éloignée du texte d’origine, avec un décor futuriste, des batailles homériques, tout y est excessif. L’œuvre est critiquée par les romanciers, mais il y a aussi un un mouvement d’adhésion. La BD prend de l’importance, on dit même « enfin la BD devient littéraire »

> enfin adaptation libre des œuvres littéraires en BD


Production pour adultes

Se sont  alors dans la grande majorité des romans de gare, souvent de qualité médiocre.
La production pour adultes est souvent associée aux « paralittératures » :

- littérature érotique :
Emmanuelle (Guido Crepax), Les Sorcières de Thessalie (Georges Pichard), Juliette (Philippe Cavell), Histoire d’O (Guido Crepax), La Métamorphose de Lucius (Manara)

- littérature policière :
avec la littérature policière, c’est la première fois que l’on adapte des auteurs contemporains.
Les dix petits nègres (d’après Agatha Christie), San Antonio en Ecosse, La Reine des pommes (Georges Wolinski, d’après Chester Himes, 1972), Jacques Tardi fait beaucoup d’adaptations : La Der des Der, Nestor Burma, Jeux pour mourir)


- littérature fantastique / SF :
Conan le Barbare (John Buscema, d’après RE Howaard), Les mythes de Cthulhu (Breccia, d’après HP Lovercraft)


> les récits d’actions semblent devoir se prêter au mode de narration de la BD (aventures, feuilletons à rebondissement…)
> la BD privilégie les événement dessinables
> certains textes sont rarement adaptés : philosophie, poésie, instrospection/ journal



Romans illustrés

Les éditions Futuropolis-Gallimard confient à des auteurs de BD contemporains l’illustration de grands classiques de la littérature (souvent moderne) :
- Tardi pour Voyage au bout de la nuit (Céline) (c’est un très grand succès)
- Loustal pour Sous la lumière froide (Pierre MacOrlan)
- Baudoin pour Les chants de Malador (Lautréamont)


Roman graphique

c’est un roman en BD, souvent caractérisé par :
- un nombre de pages dépassant souvent celui des 48p des BD classiques (le nombre n’est ni limité, ni formaté)
- le format de l’ouvrage (souvent une BD souple, un format proche de celui des romans)
- noir et blanc

On évoque fréquemment Will Eisner comme l’inventeur du roman graphique (Un bail avec Dieu). En fait, il s’est inspiré du longue tradition déjà établie.

 autres œuvre de romans graphiques :
Maus (Art Spiegelman), Péplum (Blutch), Le Château (Alan Moore), Macbeth (Daniel Casanave), Stigmates (Lorenzo Mattotti), From Hell (Alan Moore, Eddie Campbell), L’ascension du haut mal (David B), Journal (Fabrice Neaud)



> la BD se libère du cadre du « 48CC » (48 pages, cartonné, couleur)


 Actuellement, les éditeurs de romans graphiques veulent se dissocier de la BD.
Ex : Jimmy Corrigan (Chris Ware, 2001) : prix du meilleur Roman, décerné par « The gardian » (2001)
Persépolis (Marjane Satrapi) a franchit la « frontière » des lecteurs de BD




Ecrivains-scénaristes

La BD adapte des auteurs contemporains mais, actuellement, les auteurs contemporains font aussi des scénarios pour la BD. Les premiers à le faire étaient des auteurs de « paralittérature » (SF, policier), ou des scénaristes de télévision.

> le passage à l’écriture de scénarios BD est mieux accepté et plus évident, c’est souvent une question d’inspiration


- La BD s’intéresse aux textes de philosophie et en donne une lecture personnelle : Salut Deleuze (Martin Tom Dieck / Jens Balzer), Le Banquet (Sfar, d’après Platon)
- Le théâtre aussi est abordé : Macbeth (Daniel Casanave), Ubu (Francizka Themerson)


Phénomène Editorial :

- Editions « Petit à Petit » (Andersen, Grimm, Flaubert…)
- Editions Adonis, collection « Romans de Toujours » réalisée avec l’OIF et l’UNESCO (Robinson Crusoé, La Guerre des Mondes, Mme Bovary, Guerre et Paix)
- Delcourt collection Ex-Libris (L’île au trésor, Robinson Crusoé, Les Trois Mousquetaires, A la recherche du temps perdu)
- Editions Carabas (La Douce de Loïc Dauvilliers d’après Dostoïevski, Le Portrait de Loïc Dauvilliers d’après Gogol)
- Gallimard collection Fétiche Harry est fou, Le Roman de Renart, Les contes du chat perché, Une
 - Editions Rivages / Casterman, collection « Noir » : Pauvres Zhéros (scén. Pierre Pelot / ill Baru), Nuit de fureur (Miles Hyman et Matz / d’après Jim Thompson) Pierre qui roule (Lax / Donald Wesrlane), Sur les quais (d’après Budd Schulberg)


Typologie des adaptations :

Geoffrey Wagner dans « The novel and cinema » (1975) distingue 3 types d’adaptations :

- la transposition : tente de rester au plus près du texte d’origine, c’est une adaptation littérale. C’est une sorte de « résumé-adaptation » autour de scènes clés de l’œuvre.
Souvent ce sont des adaptations destinées à familiariser le public à une œuvre littéraire. Il y a généralement beaucoup de texte (le texte d’origine)

- le commentaire : modifie le roman soit dans les détails en soulignant des éléments, soit en modifiant la structure générale.
> Fidélité à l’esprit plus qu’à la lettre
> Lecture critique de l’œuvre
> Transposition (par exemple à une autre époque)
c’est plus un registre d’auteur, c’est une relecture de l’œuvre originale par l’auteur de BD

ex : Salammbô, La Ligue des Gentlemen Extrordinaires (Alan Moore, Kevin O’Nell), Lost Girls (Alan Moore)
Osamu Tezuka pour les mangas

- l’analogie : utilise le roman seulement en tant que point de départ
> revendique la libre inspiration et interprétation
> reprend des œuvres souvent difficilement adaptables
> c’est une (re-)création
> c’est la voix de l’auteur qui s’exprime


ex : Péplum (Blutch), Le Journal de Jules Renard lu par Fred (Fred), Ibicus (Rabaté, d’après Alexi Tolstoï), La Cité de verre (Mazukely d’après Paul Auster), Kafka (Robert Crumb), L’invention de Moul (JP Mourey d’après A. Bioy Casares), Le Château (d’après Kafka)


Créer une œuvre à partir d’une autre

Alors que certains scénaristes se contentent d’être des techniciens du récit adapté, sans réellement porter « un Univers », d’autres s’approprient une œuvre et en font quelque chose de personel.

Pour J.D. Morvan, l’adaptation littéraire en BD c’est « […] adapter une œuvre de manière personnelle tout en restant fidèle à l’auteur ».



Quelques adaptations littéraires en BD disponibles à la Médiathèque (liste non exhaustive) :
 
Chéri Bibi
d'après Gaston Leroux
Bertho / Boidin
    Le procès
d'apres Kafka
Clod / Ceka
Construire un feu
d'après Jack London
Chabouté
  Double assassinat dans la rue Morgue
d'après Edgar Allan Poe
clod / Ceka
Aziyadé
d'après Pierre Loti
F. Bourgeron
  L'homme qui s'évada
d'après Albert Londres
L. Maffre
Les Mystères d'Osiris
d'près Christian Jacq
Maryse / Charles / Roels
  Moby Dick
d'après Herman Melville
Pécau / Pahek
Une trop bruyante solitude
d'après Bohumil Hrabal
Tran / Berge
  Le Poulpe

Cestac / Baladi / Pelé et plein d'autres...
Les aventures de Boro, reporter photographe
d'après Dan Franck et jean Vautrin
Franck / Vautrin / Veber
  Zazie dans le métro
d'après Raymond Queneau
Clément Oubrerie
Fracasse
d'après Théophile Gautier
Mousse
    Tartuffe d'après Molière
Fred Duval, Zanzim
L'eau des Collines
d'après Marcel Pagnol
    La Fontaine aux Fables
d'après Jean de la Fontaine
divers artistes
Renart
traditionnel
Erwan / Figuière / Gaillard
  Le Roman de Renart
traditionnel
Heitz
Le Roman de Renart
traditionnel
Mathis / Martin
  Le Vent dans les saules
d'après Kenneth Graham's
Plessix
Nouilles Tchajang
d'après Ahn Do-Hyun
Chi / Byun
  Le Sommet des Dieux
d'après Yumemakura Baku
Tanigushi / Baku
Dragon Ball
littérature traditionnelle chinoise
Toriyama
  Romance d'outre-tombe
littérature traditionnelle chinoise
Sumeragi

 

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