Les Racines de la musique Américaine (2)

Publié le par Médiathèque de Soultz

(Compte rendu du stage à la BDP, avec Gérard HERZHAFT)


en Jaune les BD disponibles à la Médiathèque




Racines Sociales

Religieuses

Toute une partie de la vie nord américaine est basée sur les religions protestantes (Mormons, Quakers, Méthodistes…).

note 01Les Méthodistes se concentrent dans le sud et à l’ouest. Leur enseignement se fait beaucoup à travers les chansons. Ils prennent des chants simples et les modifient par des morales.
La totalité de la musique populaire américaine est basée sur les enseignements méthodistes (blues, country, gospel…). Par exemple le blues raconte une histoire, puis à la fin il y a une chute (ce qui rappelle les chants moraux méthodistes)

 




Ballade britanniques
note 01 Lorsque le Sud perd la guerre de Sécession, il s’enferme dans ses traditions. En musique, se seront les ballades britanniques, caractérisées par leur manque de rythme. Ces chansons évolueront grâce aux influences des autres cultures.

 




Le Chemin de fer

L’unification des Etats-Unis s’est faite en partie grâce au chemin de fer. Ce sont principalement les Chinois et les Irlandais qui y travaillent.
usa-chinois-sierra-nevada.jpg
note 01 Les Chinois apportent avec eux la tradition de l’Opéra de Canton, sorte de music-hall populaire. Il se répand dans l’Ouest américain et canadien dès 1852. Le succès est au rendez-vous auprès des immigrés, mais aussi auprès des autres communautés. Se forment alors des troupes sino-américaines.
Les Chinois apportent de nombreux instrument de la Chine du Sud (guzhen, guchin, zanghu…). La musique chinoise du sud, avec les gammes pentatoniques est très proche des musiques amérindiennes et noires américaines. Elles seront adaptées par des artistes folk pour le fiddle, banjo ou l’harmonica. Puis se fondront la musique populaire américaine ou dans le jazz.

CD :
- The Singing brakeman (24 titres)  / Jimmie Rodgers (1897-1933)
9.86 ROD

 





Mines

Les montagnes des Appalaches sont longtemps restée isolées, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Avec l’ouverture de mines de charbons et la création de nouvelles routes, l’immigration se développe. On vient des vallées, mais aussi d’Europe. La mythologie de la mine se crée, notamment dans les paroles des chansons.

 




Marches vers l’Ouest

note 01Avec la conquête de l’Ouest, les pionniers apportent des instruments faciles à transporter : guitare à une corde, harmonica, violon… Il se crée une musique populaire, dont le répertoire comporte environ 200 chansons. Ce sont surtout des chansons britanniques dont on change les paroles. Ces chansons sont diffusées par les journaux.

 




Travaux agricoles / Prisons

note 01 usa-champs-coton.jpgLes premières chansons populaires des Noirs se sont créées dans les plantations. En fait, c’est une forme de surveillance : ils sont obligés de chanter pour marquer leur présence. Une personne chante, les autres répondent.L'idée sera reprise par les pénitenciers.


CD :
- O'brother, where art thou ? / Bande originale de Film
6.1 OBR

DVD :
- O’Brother. Ethan et Joel Coen. 2000


 

 

 

 

"Steal Away"ses paroles disaient «  je ne resterais pas longtemps ici (dans les champs de coton) » - Mahalia Jackson et Nat King Cole 1957

   "Song from a Cotton Field" - Bessie Brown 1920
 
     

 Negro Prison Songs "Rosie" 1947

Mississippi State Penitenciary

   Work song in Texas Prison
 

 

 


Protest songs

note 01Dès le départ, c’est au travers des chansons que l’on critique les Anglais… Lors de la guerre de Sécession les chansons servent à nouveau à traduire les mécontentements, puis c’est au tour du monde du travail de s’emparer de cet « outil », notamment dans les milieux syndiqués.


CD :
- American Folk Songs (20 titres)  / Woody Guthrie (1912-1967) et Pete Seeger
9.86 GUT



Almanach Singers





Racines Commerciales, les premiers « musiciens professionnels »

Guitar Evangelists

note 01Dans le Sud, les premiers à gagner leur vie par la chanson sont les Noirs considérés comme inutiles (aveugles, invalides…). Ils sont  métayers et doivent donner 95% de leurs recettes à leur propriétaire. Ils chantent contre de l’argent, essentiellement des chants méthodistes, avec une morale. Se sont les premiers chants religieux solo. Certains gagnent beaucoup d’argent et sont même invités par les congrégations…

"Steal Away" Révérand Pearly Brown  
 

Songsters
note 01 Se sont des « chansonniers » qui colportent des chansons. Ils sont à 80% Noirs et 20% Blancs, et  vont là où ils savent qu’ils pourront être payés, les campements d’ouvriers par exemple. Dans les années 1960, ils ont connu un regain d’intérêt, certains étaient encore vivants et ont refait carrière à le moment-là.


CD :
- Charley Patton (36 titres)  / Charley Patton (1881-1934).
1.1 BDB
- Robert Johnson (40 titres)  / Robert Johnson (1911-1938)
1.1 BDB
- Sonny Terry & Brownie McGhee (40 titres)  / Sonny, Brownie McGhee
1.1 BDB

DVD :
- The Blues : The Soul of a man. Wim Wenders. 2003




Des Spirituals au Gospel

note 01 Chorale religieuse, le Gospel blanc est moins rythmé que le Gospel noir. Des chorales de Gospel faisaient des spectacles évangéliques ambulants, profitant de l’occasion pour vendre des partitions, des bibles…


CD :
- A gospel story (44 titres)  /  Anthologies.
1.2 BDB
- L'Ame du Gospel (26 titres)  /  Anthologies
1.2 AME
- Gospel 1937-1941 (18+18 titres)  /  Golden Gate Quartet (The)
1.2 GOL
- Queen of Gospel (21 titres)  / Mahalia Jackson
1.2 JAC
- Uncloudy day (16 titres) /  Staple Singers (The)
1.2  STA


DVD :
- La couleur Pourpre. Steven Spielberg.

 

 

 Mississipi, 1968
   "Trouble of the World" - Mahalia Jackson
 
     
 1960, Mahalia Jackson
   "Wings of Faith" 1950, Révérend C.L. Franklin
 

 

 


Ragtime

Pendant 300 ans, le monde des Antilles et celui des plantation du Sud des USA est similaire : il n’y a pas de barrière, de nombreux échanges se font.

note 01A la fin du XIXe siècle tous les salons de la bourgeoisie possèdent un piano. On y joue du ragtime car c’est une musique très rythmée. Le ragtime est dérivé du jazz et s’est épanoui entre 1890-1900. Le principal compositeur de ragtime est Scott Joplin (1868-1917).

CD :
Vingt-cinq géants du jazz (enregistrements historiques) (22 titres)  /  Anthologies : Scott Joplin

Partitions :
- Piano bar volume 3 (30 morceaux)  /  Anthologies : 7 morceaux de Scott Joplin.

 

 

 

Scott Jolin "The Entertainer" 1902  
 

 


Vaudeville & Blackface

note 01usa-blackface-01.jpgAprès la Guerre de Sécession, les Etats-Unis connaissent un boom économique, surtout dans le Nord. Les américains ont de l’argent, pour se divertir ils vont voir les « vaudevilles ». Le terme a un autre sens que celui que l’on lui attribue en France. Se sont des pièces comiques ou dramatiques, où l’on chante, on joue de la musique, on joue des faits divers… Le spectacle est quasiment ouvert 24 heures sur 24.
Pour les « blackfaces » les acteurs et musiciens se peignent le visage en noir, pour jouer le « Noir » et se permettre de critiquer… De plus en plus de vrais Noirs sont engagés pour ces représentations.
Les premiers films et les comédies musicales sont les descendants de ces spectacles.

 




Medecine Shows

note 01Les Medecine Shows pourraient être assimilés à des théâtres ambulants. Se sont des rebouteux ou médecins qui pour mieux vendre leurs remèdes et attirer les clients font un petit spectacle (sketches, musiques, chants…).
Ce sont des sorte de petits Vaudevilles,  mais plus courts, avec une troupe plus réduite. Dans les territoires isolés, ce sont souvent les seuls spectacles professionnels qui s’y produisent. La quasi totalité des premiers chanteurs de blues ont appris les ficelles du métier dans ce genre de représentation.

 




Consulter :
HERZHAFT Gérard. Americana : Histoire des musiques d’Amérique du Nord. Fayard : 2005.

Voir : Les Racines de la musique Américaine (1)


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